L’agencement de la pièce impose souvent des compromis, mais quelques principes permettent d’obtenir une restitution sonore équilibrée. Les enceintes gagnent à être séparées d’au moins un mètre cinquante les unes des autres, afin de créer une scène sonore suffisamment large et bien définie. Une hauteur proche du niveau des oreilles en position d’écoute reste idéale, car le son se propage alors de manière plus directe, sans être perturbé par les meubles ou les personnes présentes. Dans de nombreux salons, une installation à environ un mètre cinquante du sol constitue un bon repère, la diffusion évite ainsi les obstacles majeurs et le son garde clarté et précision.
Les enceintes compactes et miniatures sont fréquemment livrées avec des rotules ou supports de fixation murale, ce qui facilite un positionnement précis sur les murs latéraux ou arrière. Ce type de support aide à orienter le haut-parleur vers la zone d’écoute et à ajuster l’angle d’inclinaison sans multiplier les meubles. Les enceintes frontales se placent en général de part et d’autre de l’écran, l’enceinte centrale au plus près de ce dernier et les enceintes surround légèrement en retrait, tandis que le caisson de grave peut être installé plus librement, en tenant compte de la configuration de la pièce et de la réponse dans les basses fréquences.
La disposition des sièges intervient elle aussi dans la qualité de restitution. Les accoudoirs, dossiers très hauts ou meubles massifs proches des enceintes risquent de gêner la propagation du son et de créer des zones d’ombre acoustique. Une ligne de vision dégagée entre enceintes et zone d’écoute améliore en même temps la perception des dialogues et des effets. Les hauts-parleurs ne doivent pas être dissimulés derrière des meubles pleins ou des rideaux épais, car ces obstacles atténuent certaines fréquences et modifient l’équilibre général du système.
Deux notions dominent le comportement sonore d’une pièce de home cinéma, l’absorption et la réverbération. Un espace trop vide, avec peu de meubles, de tissus ou d’éléments absorbants, favorise la réverbération. Les sons se réfléchissent sur les murs nus, le sol dur et le plafond, ce qui donne une impression d’écho et de manque de précision. À l’inverse, une pièce saturée de coussins, tapis épais, moquette murale et tentures lourdes devient très absorbante. Le son se trouve alors étouffé, obligeant à augmenter le volume pour compenser, ce qui fatigue l’auditeur et peut devenir gênant pour le voisinage.
Un équilibre entre surfaces dures et éléments absorbants donne en général les meilleurs résultats. Un canapé, quelques fauteuils, une bibliothèque, des rideaux et quelques objets décoratifs suffisent souvent à casser les réflexions trop marquées sans étouffer la restitution. La moquette demeure l’un des revêtements de sol les plus adaptés, car elle limite efficacement les réflexions des médiums et des aigus, là où un sol carrelé présente une absorption quasiment nulle. Dans une pièce déjà carrelée, un tapis épais placé entre les enceintes et la zone d’écoute constitue une alternative simple, capable de réduire une partie des réverbérations les plus désagréables.
Le choix et la disposition des sièges ont également une influence. Des fauteuils massifs aux accoudoirs très larges peuvent perturber le trajet des ondes sonores, alors qu’un mobilier moins enveloppant laisse davantage circuler le son dans la pièce. En combinant une implantation cohérente des enceintes avec un traitement modéré de la pièce, ni trop vide ni trop absorbante, l’ensemble du système de home cinéma gagne en naturel, en lisibilité des dialogues et en immersion, sans nécessiter des corrections électroniques excessives.